
Calculer le délai de préavis en Belgique : guide complet 2026
Calculatrice en main, vous fixez votre écran : combien de semaines de préavis devez-vous respecter ? Le travailleur est chez vous depuis dix ans. Entré en 2012. Et là, ça se corse.
Soyons honnêtes : le système est complexe. Surtout quand le contrat de travail date d'avant 2014, là où le système du cliquet entre en jeu. Mais une fois la logique comprise, tout devient nettement plus clair.
Dans cet article, vous découvrez exactement comment calculer le délai de préavis. Avec le tableau complet, des exemples et les nouvelles règles pour 2026.
C'est quoi, un délai de préavis ?
Le délai de préavis est la période qui sépare le moment du licenciement de la fin effective du contrat de travail. Pendant cette période, le travailleur continue normalement à travailler et à percevoir son salaire.
Pourquoi ce système existe-t-il ? Il offre une bouffée d'air aux deux parties. Le travailleur a le temps de chercher un nouvel emploi. L'employeur peut trouver un remplaçant et organiser la transition.
Depuis le statut unique de 2014, les ouvriers et les employés relèvent des mêmes délais de préavis. Une vraie simplification. Mais pour les travailleurs déjà en service avant cette date, il existe un régime transitoire. On y revient plus loin.
Le tableau pour les employeurs
En cas de licenciement par l'employeur, le délai de préavis dépend de l'ancienneté. Plus la personne est en service depuis longtemps, plus le préavis s'allonge. Voici les délais pour les contrats de travail entamés à partir du 1er janvier 2014 :
0 à 2 ans d'ancienneté :
-
0 à 3 mois : 1 semaine
-
3 à 6 mois : 4 semaines
-
6 à 9 mois : 6 semaines
-
9 à 12 mois : 7 semaines
-
12 à 15 mois : 8 semaines
-
15 à 18 mois : 9 semaines
-
18 à 21 mois : 10 semaines
-
21 à 24 mois : 11 semaines
2 à 10 ans d'ancienneté :
-
2 à 3 ans : 12 semaines
-
3 à 4 ans : 13 semaines
-
4 à 5 ans : 15 semaines
-
5 à 6 ans : 18 semaines
-
6 à 7 ans : 21 semaines
-
7 à 8 ans : 24 semaines
-
8 à 9 ans : 27 semaines
-
9 à 10 ans : 30 semaines
À partir de 10 ans d'ancienneté :
-
10 à 11 ans : 33 semaines
-
11 à 12 ans : 36 semaines
-
12 à 13 ans : 39 semaines
-
Et ainsi de suite : +3 semaines par an jusqu'à l'année 20
-
À partir de l'année 20 : +2 semaines par an
-
À partir de l'année 21 : +1 semaine par an
Un travailleur avec 15 ans d'ancienneté a droit à 48 semaines de préavis. Presque un an. D'expérience, nous voyons régulièrement des employeurs surpris par ces délais pour leurs collaborateurs de longue date.
Le préavis en cas de démission du travailleur
Le travailleur qui démissionne lui-même doit respecter des délais bien plus courts. Depuis octobre 2023, un délai de préavis maximal de 13 semaines s'applique, quelle que soit l'ancienneté. Cette règle vaut autant pour les ouvriers que pour les employés.
Les délais en cas de démission par le travailleur :
-
0 à 3 mois : 1 semaine
-
3 à 6 mois : 2 semaines
-
6 à 12 mois : 3 semaines
-
12 à 18 mois : 4 semaines
-
18 à 24 mois : 5 semaines
-
2 à 4 ans : 6 semaines
-
4 à 5 ans : 7 semaines
-
5 à 6 ans : 9 semaines
-
6 à 7 ans : 10 semaines
-
7 à 8 ans : 12 semaines
-
8 ans et plus : 13 semaines
Important : ces délais valent pour tous les travailleurs, y compris ceux entrés en service avant 2014. Le système du cliquet est supprimé pour les travailleurs qui démissionnent eux-mêmes.
Le système du cliquet : les travailleurs d'avant 2014
Ici, on entre dans le juridique. Mais c'est crucial à comprendre.
Pour les travailleurs entrés en service avant le 1er janvier 2014 et licenciés par l'employeur, le système du cliquet s'applique. Le délai de préavis se compose alors de deux parties que vous additionnez.
Partie I : calculée sur la base de l'ancienneté jusqu'au 31 décembre 2013, selon les anciennes règles en vigueur à l'époque.
Partie II : calculée sur la base de l'ancienneté à partir du 1er janvier 2014, selon le nouveau tableau ci-dessus.
Comment calculer la Partie I ?
La Partie I demande de remonter dans le temps. Vous calculez le délai de préavis comme si le licenciement avait eu lieu le 31 décembre 2013. Quelles règles s'appliquaient alors ?
Pour les employés (avant 2014) :
-
Salaire annuel jusqu'à 32 254 euros : 3 mois par période entamée de 5 ans d'ancienneté
-
Salaire annuel au-dessus de 32 254 euros : 1 mois par année entamée d'ancienneté, avec un minimum de 3 mois
Pour les ouvriers (avant 2014) :
Cela variait par secteur et était souvent plus court. Consultez les CCT spécifiques qui s'appliquaient alors à votre commission paritaire.
Comment calculer la Partie II ?
La Partie II est plus simple. Vous utilisez le tableau standard, mais comme si le travailleur avait débuté le 1er janvier 2014. Vous ne comptez donc que l'ancienneté à partir de cette date.
Exemple du système du cliquet
Un employé travaille chez vous depuis le 1er mars 2010. Le 1er février 2026, vous le licenciez. Son salaire brut au 31/12/2013 dépassait 32 254 euros.
Partie I (jusqu'au 31/12/2013) : Ancienneté = 3 ans et 10 mois (mars 2010 à décembre 2013) Pour les salaires plus élevés : 1 mois par année entamée = 4 mois
Partie II (à partir du 01/01/2014) : Ancienneté = 12 ans et 1 mois (janvier 2014 à février 2026) Selon le tableau : 39 semaines
Total : 4 mois + 39 semaines = environ 56 semaines
Ce sont des calculs qu'on ne fait pas à la va-vite. Nos experts RH traitent chaque jour des questions sur ce sujet et croisent régulièrement de petites erreurs de calcul.
L'augmentation de la Partie II en 2026
Chaque année, la Partie II du délai de préavis augmente de 3 semaines. C'est un régime transitoire qui court jusqu'à l'instauration complète des nouveaux délais.
-
En 2024 : la Partie II atteignait au maximum 33 semaines
-
En 2025 : la Partie II atteignait au maximum 36 semaines
-
En 2026 : la Partie II atteint au maximum 39 semaines
Concrètement, le délai de préavis des travailleurs soumis au système du cliquet s'allonge un peu chaque année, jusqu'à la disparition complète du système.
Nouvelles règles 2026 : le plafond de 52 semaines
Le gouvernement Arizona a annoncé l'arrivée d'un plafond de 52 semaines pour le délai de préavis. Mais attention : il vaut uniquement pour les nouveaux contrats de travail conclus à partir du 1er juin 2026.
Pour les contrats existants, rien ne change. Si votre travailleur était déjà en service avant le 1er juin 2026, les règles actuelles continuent de s'appliquer. Ce travailleur peut tout à fait, avec le temps, accumuler un délai de préavis de plus de 52 semaines.
En pratique, ce plafond ne se fera sentir qu'à partir de 2043, lorsque les premiers travailleurs sous nouveaux contrats seront en service depuis assez longtemps.
Préavis raccourci durant les 6 premiers mois
Autre changement à partir du 1er juin 2026 : pour les nouveaux contrats, un délai de préavis d'une seule semaine s'applique durant les 6 premiers mois. Cela vaut autant pour l'employeur que pour le travailleur.
On dirait un retour de la période d'essai, sous une autre forme. Pour les employeurs, cela rend l'embauche de nouveaux collaborateurs moins risquée.
Quand le délai de préavis commence-t-il ?
Le délai de préavis débute toujours le lundi qui suit la semaine au cours de laquelle la notification a eu lieu. Pas le jour de la notification elle-même.
Voici l'essentiel, ce point sur lequel beaucoup d'employeurs trébuchent.
Par lettre recommandée : La notification a lieu le troisième jour ouvrable après l'envoi. Les jours ouvrables sont tous les jours, sauf les dimanches et les jours fériés.
Exemple concret : vous envoyez la lettre de licenciement recommandée le lundi 3 février. La notification se fait alors le jeudi 6 février (troisième jour ouvrable). Le délai de préavis démarre le lundi 10 février.
Par exploit d'huissier : La notification produit ses effets immédiatement, au moment de la remise par l'huissier.
Par signature pour réception : Comme pour l'huissier : effet immédiat le jour de la signature.
Vous voulez que le délai de préavis commence lundi prochain ? Alors vous devez envoyer la lettre recommandée au plus tard le mercredi. Soyez doublement attentif s'il y a un jour férié entre les deux.
Comment donner correctement le congé ?
L'employeur doit notifier le licenciement par écrit. Trois possibilités :
-
Lettre recommandée - la plus courante
-
Exploit d'huissier de justice - plus cher mais plus rapide
-
Document signé - uniquement si le travailleur signe pour réception
La lettre de licenciement doit obligatoirement contenir les éléments suivants :
-
Le début du délai de préavis (date)
-
La durée du délai de préavis
-
La signature de l'employeur
En cas de démission par le travailleur, les mêmes conditions de forme s'appliquent. Le travailleur doit lui aussi démissionner par écrit en mentionnant le délai de préavis.
Vous voulez en savoir plus sur la procédure de licenciement complète ? Lisez notre article sur le licenciement en tant qu'employeur.
La maladie pendant le délai de préavis
Que se passe-t-il si le travailleur tombe malade pendant la période de préavis ? Tout dépend de qui a donné le congé.
Licenciement par l'employeur : le délai de préavis est suspendu. Le compteur s'arrête tant que le travailleur est en incapacité de travail. Après guérison, le délai restant reprend simplement son cours.
Démission du travailleur : le délai de préavis continue de courir. La maladie ne suspend pas le délai.
Cette distinction est logique. Le législateur veut éviter qu'un employeur licencie un travailleur qui pourrait ensuite étirer la situation à l'infini en tombant malade. Mais quand le travailleur part de lui-même, c'est son propre choix.
Les autres motifs de suspension qui n'arrêtent le délai qu'en cas de congé par l'employeur :
-
Vacances annuelles
-
Congé de maternité
-
Accidents du travail
-
Chômage économique
Le contre-préavis : partir plus tôt en tant que travailleur
Un travailleur licencié peut choisir de partir plus tôt grâce à un contre-préavis. Il s'agit d'un délai de préavis réduit, de maximum 4 semaines.
Le travailleur doit notifier ce contre-préavis par écrit. L'avantage ? Il peut commencer plus vite chez son nouvel employeur, sans payer d'indemnité de rupture.
Les délais du contre-préavis :
-
Jusqu'à 3 mois d'ancienneté : 1 semaine
-
3 à 6 mois : 2 semaines
-
6 à 12 mois : 3 semaines
-
Plus de 12 mois : 4 semaines
C'est pratique pour les travailleurs qui ont déjà décroché un nouvel emploi. En tant qu'employeur, vous ne pouvez pas y faire grand-chose, si ce n'est accepter le délai raccourci.
La rupture avec indemnité : la voie rapide
Parfois, vous ne voulez pas attendre la fin du délai de préavis. Dans ce cas, vous pouvez rompre le contrat de travail immédiatement, moyennant le paiement d'une indemnité de rupture.
L'indemnité de rupture est égale au salaire que le travailleur aurait gagné pendant le délai de préavis restant. Pécule de vacances, prime de fin d'année et autres avantages compris.
Calcul du salaire hebdomadaire : Salaire mensuel x 3 / 13 = salaire hebdomadaire
Exemple : Salaire brut de 3 000 euros par mois. Délai de préavis de 15 semaines. Salaire hebdomadaire : 3 000 x 3 / 13 = 692,31 euros Indemnité de rupture : 692,31 x 15 = 10 384,65 euros bruts
Ce montant, vous devez le verser en une fois lors du prochain traitement salarial.
Vous voulez être sûr que votre calcul est correct ? Avec Recruit, nous calculons automatiquement l'indemnité de rupture exacte, sur la base de l'ancienneté et du package salarial complet du travailleur.
Situations particulières
Licenciement pendant une maladie
Vous pouvez licencier un travailleur pendant qu'il est malade. Mais vous ne pouvez jamais licencier en raison de la maladie elle-même. Ce serait une discrimination fondée sur l'état de santé.
En pratique, vous devez pouvoir démontrer, en tant qu'employeur, que le licenciement a une autre raison, comme une réorganisation ou un dysfonctionnement déjà présent avant la maladie.
Le congé pour recherche d'emploi
Pendant le délai de préavis, le travailleur a droit à un congé pour recherche d'emploi. C'est un congé payé pour postuler ou suivre des formations.
-
26 dernières semaines du préavis : 1 jour par semaine ou 2 demi-jours
-
Avant cela : une demi-journée par semaine
Les travailleurs protégés
Certains travailleurs bénéficient d'une protection contre le licenciement : les travailleuses enceintes, les délégués du personnel, les conseillers en prévention. Pour eux, des règles plus strictes et des indemnités plus élevées s'appliquent en cas de licenciement injustifié.
Questions fréquentes
L'ancienneté chez un employeur précédent compte-t-elle ?
Non, l'ancienneté se calcule à partir du début chez l'employeur actuel. Sauf en cas de transfert d'entreprise où le contrat de travail a été transféré.
Et si je calcule mal le délai de préavis ?
En cas de délai de préavis trop court, vous devez payer la différence sous forme d'indemnité de rupture. Le travailleur peut la réclamer, éventuellement via le tribunal du travail.
L'employeur et le travailleur peuvent-ils convenir d'un délai plus court ?
En cas de licenciement par l'employeur : non, vous ne pouvez pas descendre sous le délai minimum légal. En cas de démission par le travailleur : c'est possible de commun accord, mais consignez-le par écrit.
Qu'en est-il des travailleurs en payroll ?
Le délai de préavis se calcule sur la base de l'ancienneté auprès de l'entreprise de payroll. Lisez-en plus dans notre article sur le calcul de l'ancienneté.
Le travailleur peut-il raccourcir le délai de préavis avec des congés ?
Les congés pris ne suspendent pas le délai de préavis quand c'est le travailleur qui a démissionné. En cas de licenciement par l'employeur, les vacances suspendent bien le délai.
En résumé
Calculer le délai de préavis demande de l'attention au détail. Surtout pour les travailleurs en service depuis longtemps ou entrés avant 2014. Le système du cliquet ajoute une couche de complexité.
Les points essentiels :
-
Le délai de préavis dépend de l'ancienneté et de qui donne le congé
-
Pour les travailleurs d'avant 2014, le système du cliquet s'applique (Partie I + Partie II)
-
Démission par le travailleur : maximum 13 semaines
-
Le délai débute le lundi suivant la semaine de la notification
-
La maladie ne suspend le délai qu'en cas de licenciement par l'employeur
-
À partir de 2026 : plafond de 52 semaines pour les nouveaux contrats
En cas de doute : faites relire le dossier par un expert RH. Un calcul erroné peut coûter cher.
Comment Recruit vous aide
Gérer sans faute les calculs de licenciement et les documents C4 ? Nos experts RH s'en chargent pour vous.
Avec Recruit :
-
Des contrats en moins de 60 secondes - Créez des contrats d'essai et d'intérim sans tracas
-
Calcul salarial automatique - Une rémunération correcte selon la législation actuelle et votre commission paritaire
-
Dimona et documents sociaux - Nous gérons toutes les déclarations, vous vous concentrez sur votre business
-
Support personnalisé 24/7 - Toujours un interlocuteur fixe qui connaît votre entreprise
-
Pas de frais mensuels fixes - Vous ne payez que ce que vous utilisez
Essayez Recruit ou prenez contact avec nos experts RH pour un conseil sur mesure.
Les informations de cet article sont purement informatives et ne remplacent pas un conseil juridique ou comptable professionnel. La législation du travail change régulièrement. Consultez toujours la législation en vigueur ou prenez contact avec un expert RH pour un conseil adapté à votre situation. Attention : les règles peuvent varier selon la commission paritaire et le secteur. Cet article donne des lignes directrices générales basées sur la législation telle que connue en février 2026.