
Chèques-repas de 10 € en 2026 : automatique pour tous ou non ?
Le débat sur les chèques-repas refait surface. Dans le cadre de l'accord d'été, le gouvernement fédéral a annoncé une augmentation des chèques-repas, avec une nouvelle valeur maximale de 10 €. Mais cela signifie-t-il que tous les travailleurs ont automatiquement droit à des chèques-repas de 10 € à partir de 2026 ? Et les employeurs sont-ils obligés d'octroyer effectivement ce nouveau montant maximal ?
Cet article vous donne un aperçu clair et factuel de ce qui change concrètement à partir du 1er janvier 2026, de la manière dont l'augmentation se compare à la situation de 2025, et des règles du jeu pour les employeurs. Vous découvrirez si l'augmentation s'applique automatiquement, ce que cela implique pour votre politique salariale et votre coût salarial, et les points d'attention au moment d'octroyer des chèques-repas à partir de 2026.
Chèques-repas : qu'est-ce qui change au 1er janvier 2026 ?
À partir du 1er janvier 2026, la valeur maximale des chèques-repas passe de 8 € à 10 € par jour presté. Cette augmentation fait partie de l'accord d'été et s'inscrit dans les mesures visant à renforcer le pouvoir d'achat.
Les montants concrets
| Composant | Jusqu'au 31/12/2025 | À partir du 01/01/2026 |
|---|---|---|
| Part patronale maximale | 6,91 € | 8,91 € |
| Part minimale du travailleur | 1,09 € | 1,09 € (inchangée) |
| Valeur totale maximale | 8,00 € | 10,00 € |
L'augmentation concerne donc concrètement une hausse de la part patronale maximale de 2 € (de 6,91 € à 8,91 €). La part du travailleur reste inchangée à 1,09 € minimum.
Important : pas d'augmentation automatique
Tous les chèques-repas n'augmentent pas automatiquement de 2 € au 1er janvier 2026. Il s'agit d'un relèvement du maximum légal. Seul le plafond est remonté — c'est aux secteurs et aux entreprises de négocier l'instauration ou l'augmentation effective.
Sans nouvel accord, la valeur actuelle des chèques-repas reste d'application, même lorsque le montant maximal est officiellement plus élevé.
Comment instaurer l'augmentation ?
L'augmentation ne peut pas être décidée unilatéralement par l'employeur. Pour l'appliquer dans votre entreprise, la modification doit être formalisée via :
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Une convention collective de travail sectorielle (CCT), ou
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Une convention collective de travail au niveau de l'entreprise, ou
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Un avenant au contrat de travail individuel avec chaque travailleur concerné
Les négociations sectorielles
Dans de nombreux secteurs, le montant du chèque-repas est fixé par des CCT sectorielles. L'augmentation constitue donc un sujet important dans les négociations sectorielles 2025-2026 en cours. Certains secteurs ont déjà conclu des accords concrets :
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CP 116/207 (chimie) : instauration d'un système sectoriel de 3,09 € (2,00 € employeur + 1,09 € travailleur) à partir du 1er avril 2026
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CP 124 (construction) : instauration des chèques-repas à partir du 1er avril 2026 (1,50 € employeur + 1,09 € travailleur, soit 2,59 €)
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CP 111 (métal) : augmentation de 1,50 € à partir du 1er avril 2026
Consultez les règles spécifiques à votre commission paritaire.
Norme salariale : l'exception temporaire de 2026
La norme salariale pour 2025-2026 est fixée à 0 %, ce qui ne laisse en principe aucune marge pour des augmentations salariales. Pour l'augmentation des chèques-repas, une exception temporaire est toutefois prévue.
Les conditions importantes
L'augmentation échappe à la norme salariale, mais uniquement à des conditions strictes :
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L'augmentation s'élève à 2 € maximum par chèque-repas
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L'augmentation est octroyée entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2026
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Il n'est pas autorisé d'étaler l'augmentation sur plusieurs années
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Il n'est pas autorisé de prévoir en 2026 des avantages qui ne se concrétiseront qu'en 2027-2028
Attention : à partir du 1er janvier 2027, l'exception disparaît et les règles classiques s'appliquent à nouveau. Une augmentation octroyée en 2027 sera bel et bien comptabilisée dans la norme salariale.
Déductibilité fiscale : de 2 à 4 euros
Le traitement fiscal des chèques-repas évolue lui aussi :
| Situation | Déduction fiscale par chèque |
|---|---|
| Part patronale de 8,91 € (maximum) | 4 € |
| Part patronale inférieure à 8,91 € | 2 € |
La déduction fiscale majorée de 4 € vaut donc uniquement pour les employeurs qui octroient la part patronale maximale de 8,91 €. En cas de part inférieure, la déduction reste limitée à 2 € par chèque.
Attention : la déduction fiscale s'applique uniquement aux entreprises soumises à l'impôt des sociétés. Les ASBL relevant de l'impôt des personnes morales ne bénéficient pas de cet avantage.
Exonération ONSS : les conditions inchangées
Les chèques-repas restent exonérés de cotisations ONSS, y compris à la valeur majorée de 10 €. Les conditions existantes restent d'application sans changement :
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Maximum un chèque par jour effectivement presté
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L'octroi doit être fixé dans une CCT ou une convention individuelle
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Le nombre de chèques octroyés doit correspondre au nombre de jours prestés
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Mention sur la fiche de paie et le compte individuel
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Les chèques sont nominatifs et ne peuvent pas être convertis en argent
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La part du travailleur s'élève à 1,09 € minimum
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La part patronale s'élève à 8,91 € maximum
En cas de dépassement de ces conditions, les chèques-repas sont considérés comme du salaire, avec cotisations ONSS et impôts à la clé.
Future augmentation vers 12 euros
L'accord de gouvernement fédéral prévoit que la valeur maximale des chèques-repas augmentera en deux étapes durant cette législature :
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1er janvier 2026 : de 8 € à 10 € ✅ (réalisé)
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À déterminer ultérieurement : de 10 € à 12 €
Le calendrier concret de la seconde augmentation dépend d'une réglementation à venir. Aucune date précise n'est encore connue.
L'augmentation vaut-elle aussi pour les dirigeants ?
Oui. Moyennant le respect des conditions légales, les chèques-repas sont entièrement exonérés de cotisations de sécurité sociale et d'impôts, tant pour les travailleurs que pour les dirigeants d'entreprise.
Les dirigeants d'entreprise peuvent recevoir des chèques-repas lorsqu'ils :
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Fournissent effectivement des prestations pour la société
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Reçoivent un chèque par jour presté
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Remplissent toutes les autres conditions légales
Et pour les travailleurs temporaires ?
Pour les travailleurs temporaires, les flexi-jobbers et les étudiants jobistes, les mêmes règles de base s'appliquent que pour le personnel fixe. Les chèques-repas peuvent être octroyés par jour presté, mais uniquement si cela s'inscrit dans les accords existants (CCT ou convention individuelle).
Combinaison avec un restaurant d'entreprise
Pour la combinaison de chèques-repas et d'un restaurant d'entreprise, un régime transitoire spécifique s'applique : le coût d'un repas normal au restaurant d'entreprise reste fixé à 6,91 € en 2026 (et n'est pas relevé à 8,91 €).
Que devez-vous faire comme employeur ?
| Question | Réponse |
|---|---|
| L'augmentation est-elle obligatoire ? | Non, sauf imposée par le secteur |
| Comment l'instaurer ? | Via une CCT ou une convention individuelle |
| Échappe-t-elle à la norme salariale ? | Oui, mais uniquement en 2026 et 2 € max. |
| Quelle est la déduction fiscale ? | 4 € avec la part max., sinon 2 € |
| Vaut-elle pour les dirigeants ? | Oui, aux mêmes conditions |
Points d'action pour les employeurs
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Vérifiez votre secteur : voyez si des accords sectoriels ont été conclus sur les chèques-repas
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Évaluez votre politique salariale : déterminez si l'augmentation s'inscrit dans votre stratégie
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Formalisez l'augmentation : concluez une CCT ou adaptez les conventions individuelles
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Attention au timing : appliquez l'augmentation avant le 31 décembre 2026 pour bénéficier de l'exception à la norme salariale
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Informez vos travailleurs : communiquez clairement sur les changements
Dernière mise à jour : janvier 2026
Sources : Moniteur belge (AR du 17 novembre 2025), Acerta, Liantis, Attentia, Claeys & Engels, FEB-VBO