
Personne de confiance : quand et comment la désigner ?
Dernière mise à jour : septembre 2026
Une collaboratrice vient vous trouver. Un collègue fait depuis des semaines des remarques qui dépassent les bornes, mais elle ne veut pas déposer de plainte officielle. Elle veut surtout en parler à quelqu'un, en toute confiance. À qui peut-elle s'adresser ? Si votre entreprise compte 50 travailleurs ou plus, la réponse doit déjà être fixée aujourd'hui : à la personne de confiance.
Depuis le 1er décembre 2023, une personne de confiance interne est obligatoire dans toute entreprise de 50 travailleurs ou plus. Les employeurs plus petits peuvent aussi y être tenus, si le personnel le demande. Et la désignation elle-même obéit à des règles strictes : tout le monde ne peut pas exercer ce rôle, et les représentants des travailleurs doivent donner leur accord.
Dans cet article : ce que fait une personne de confiance, quand vous devez en désigner une, qui peut l'être, comment se déroule la désignation et ce qui la distingue du conseiller en prévention aspects psychosociaux.
En résumé : à partir de 50 travailleurs, vous devez désigner au moins une personne de confiance interne. Sous ce seuil, ce n'est pas obligatoire, sauf si tous les délégués syndicaux ou, à défaut, tous les travailleurs le demandent. La désignation requiert l'accord préalable de tous les représentants des travailleurs au sein du comité pour la prévention et la protection au travail. La personne de confiance suit dans les deux ans une formation d'au moins cinq jours et bénéficie chaque année d'une supervision.
Que fait une personne de confiance ?
La personne de confiance est l'interlocutrice des travailleurs confrontés à des risques psychosociaux au travail. Elle écoute, informe et conseille, et peut intervenir de manière informelle. Tout se passe en toute confiance, car elle est tenue au secret professionnel (SPF Emploi, Securex, consulté le 28 septembre 2026).
Ce rôle est explicitement informel. Un travailleur qui veut introduire une demande d'intervention psychosociale formelle ne s'adresse pas à la personne de confiance, mais au conseiller en prévention aspects psychosociaux. Nous y revenons plus loin.
Cette voie informelle permet à un travailleur d'aborder un problème avec quelqu'un qui ne fait pas partie de la hiérarchie, sans lancer tout de suite une procédure formelle.
Quand une personne de confiance est-elle obligatoire ?
La réponse dépend de la taille de votre entreprise. La loi du 5 novembre 2023 portant des dispositions diverses relatives au travail a rendu la désignation obligatoire à partir de 50 travailleurs, avec effet au 1er décembre 2023 (SPF Emploi, Acerta, consulté le 28 septembre 2026).
| Nombre de travailleurs | Personne de confiance obligatoire ? | Interne ou externe ? |
|---|---|---|
| 50 ou plus | Oui | Au moins un membre de votre personnel |
| 20 à 49 | Non, sauf si le personnel le demande | Si vous faites appel à un conseiller en prévention aspects psychosociaux externe, au moins une interne |
| Moins de 20 | Non, sauf si le personnel le demande | Une personne de confiance externe est possible |
Source : SPF Emploi, consulté le 28 septembre 2026.
Sous les 50 travailleurs : à la demande du personnel
Si vous occupez moins de 50 travailleurs, vous devez tout de même désigner une personne de confiance si tous les délégués syndicaux le demandent. En l'absence de délégation syndicale, c'est le cas si tous les travailleurs le demandent (SPF Emploi, consulté le 28 septembre 2026).
Même sans obligation, une personne de confiance peut être un bon choix. Dans une petite entreprise, tout le monde se connaît, et c'est justement ce qui peut rendre plus difficile d'aborder un problème avec un collègue ou un supérieur.
Que risquez-vous sans personne de confiance ?
Si vous ne désignez pas de personne de confiance alors que c'est obligatoire, à partir de 50 travailleurs ou à la demande du personnel, vous risquez une sanction de niveau 2 (Securex, consulté le 28 septembre 2026). Pour les infractions commises à partir du 1er février 2026, cela représente une amende administrative de 250 à 2.500 € ou une amende pénale de 500 à 5.000 € (SPF Emploi, Securex, consulté le 28 septembre 2026).
Qui peut devenir personne de confiance ?
Tout collaborateur qui n'est pas représentant du personnel et qui ne relève pas des exclusions ci-dessous peut se porter candidat (Securex, consulté le 28 septembre 2026). Plus que la fonction, c'est le profil qui compte : les travailleurs doivent pouvoir parler librement avec cette personne. Securex parle d'une personne neutre, empathique et fiable.
Qui ne peut pas l'être
La loi exclut certaines fonctions, parce qu'elles font obstacle à la confiance des travailleurs. La personne de confiance ne peut pas en même temps (SPF Emploi, consulté le 28 septembre 2026) :
- être l'employeur, ou faire partie du personnel de direction chargé de la gestion journalière ;
- être délégué de l'employeur ou des travailleurs au conseil d'entreprise ou au comité pour la prévention et la protection au travail ;
- être délégué syndical ;
- être médecin du travail.
Un responsable RH ou un chef d'équipe peut sembler un choix logique, mais pensez que les travailleurs doivent aussi pouvoir parler de leur propre supérieur.
Comment se déroule la désignation ?
La désignation requiert l'accord préalable de tous les représentants des travailleurs au sein du comité pour la prévention et la protection au travail (CPPT). Le même accord est nécessaire pour écarter plus tard une personne de confiance de sa fonction (Securex, Acerta, consulté le 28 septembre 2026). Si vous ne parvenez pas à un accord, l'inspection du Contrôle du bien-être au travail peut concilier les parties, indique Securex.
Formation et supervision
Une nouvelle personne de confiance doit suivre, dans les deux ans qui suivent sa désignation, une formation d'au moins cinq jours. Celle-ci porte notamment sur le cadre légal, les risques psychosociaux, les techniques de communication et la gestion des situations problématiques. Ensuite, elle suit au moins une supervision par an, pour entretenir ses connaissances et ses compétences (SPF Emploi, Acerta, consulté le 28 septembre 2026).
Ce dont la personne de confiance a besoin
Sans les bons moyens, ce rôle ne peut pas être bien exercé. Securex cite des coordonnées propres, un local pour mener les entretiens sans être dérangé, du temps pendant les heures de travail et une totale indépendance. Les coordonnées de la personne de confiance doivent aussi figurer dans votre règlement de travail. La manière d'adapter ce règlement est expliquée dans notre article sur le règlement de travail.
Que peut faire la personne de confiance, et que non ?
La personne de confiance travaille exclusivement de manière informelle. Le traitement d'une demande d'intervention psychosociale formelle n'en fait pas partie, et elle est tenue au secret professionnel. Pour exercer ce rôle, elle a directement accès à la direction de l'entreprise (SPF Emploi, consulté le 28 septembre 2026).
Elle ne bénéficie pas d'une protection spécifique contre le licenciement comme un délégué syndical. L'exercice de sa mission ne peut toutefois pas lui porter préjudice, et comme indiqué plus haut, elle ne peut pas être écartée de sa fonction sans l'accord des représentants des travailleurs.
Quelle différence avec le conseiller en prévention ?
Ici, on entre dans le juridique, car les deux rôles sont proches. Tout employeur doit disposer d'un conseiller en prévention aspects psychosociaux, quelle que soit la taille de l'entreprise. Avec moins de 50 travailleurs, celui-ci doit provenir d'un service externe de prévention et de protection au travail. À partir de 50 travailleurs, il peut être interne ou externe (SPF Emploi, Securex, consulté le 28 septembre 2026).
| Personne de confiance | Conseiller en prévention aspects psychosociaux | |
|---|---|---|
| Obligatoire ? | À partir de 50 travailleurs, ou à la demande du personnel | Pour tout employeur |
| Qui ? | Un collaborateur, interne ou externe dans les petites entreprises | Un conseiller en prévention spécialisé, interne ou d'un service externe |
| Interventions informelles | Oui | Oui |
| Demandes d'intervention psychosociale formelle | Non | Oui |
| Analyse des risques psychosociaux | Non | Oui |
Les deux travaillent ensemble : le conseiller en prévention consulte régulièrement la personne de confiance. La personne de confiance est le point de contact accessible au sein de l'entreprise ; le conseiller en prévention apporte l'expertise et prend en charge les démarches formelles.
Comment vous y prendre concrètement ?
Étape 1. Comptez vos travailleurs. Si vous en avez 50 ou plus, une personne de confiance interne est obligatoire. Si vous en avez moins, vérifiez si tous les délégués syndicaux, ou à défaut de délégation syndicale tous les travailleurs, l'ont demandé.
Étape 2. Vérifiez qui est votre conseiller en prévention aspects psychosociaux, en interne ou auprès de votre service externe de prévention et de protection. Il doit exister dans tous les cas.
Étape 3. Cherchez des candidats. Annoncez la fonction, demandez une courte lettre de motivation et menez des entretiens. Securex décrit une telle démarche, de l'annonce à l'entretien de sélection.
Étape 4. Présentez le candidat au CPPT et demandez l'accord de tous les représentants des travailleurs.
Étape 5. Planifiez la formation de cinq jours dans les deux ans, ainsi que la supervision annuelle. Prévoyez du temps, un local et des coordonnées propres.
Étape 6. Faites connaître la personne de confiance : dans le règlement de travail, sur l'intranet ou par une affiche, et lors de l'accueil des nouveaux collaborateurs. Notre article sur l'accueil d'un nouveau collaborateur vous aide à l'intégrer.
Ce que l'employeur doit retenir
- À partir de 50 travailleurs, une personne de confiance interne est obligatoire, depuis le 1er décembre 2023.
- Sous les 50 travailleurs, vous y êtes tenu si tous les délégués syndicaux ou, à défaut, tous les travailleurs le demandent.
- Pas de personne de confiance alors qu'elle est obligatoire ? Vous risquez une sanction de niveau 2, jusqu'à 2.500 € en amende administrative ou 5.000 € en amende pénale.
- Tout le monde ne peut pas l'être : ni un dirigeant chargé de la gestion journalière, ni un représentant du personnel, ni le médecin du travail.
- L'accord de tous les représentants des travailleurs au sein du CPPT, lors de la désignation et en cas d'écartement.
- Une formation de cinq jours dans les deux ans, puis une supervision chaque année.
- Le conseiller en prévention aspects psychosociaux reste obligatoire pour tous ; c'est lui qui traite les demandes formelles.
Comment Recruit vous aide
Devoir ou non désigner une personne de confiance dépend d'abord d'un seul chiffre : le nombre de travailleurs que vous occupez. Avec beaucoup de personnel flexible, ce chiffre varie, et il vous faut une vue à jour pour prendre la bonne décision.
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Questions fréquentes
Une PME doit-elle avoir une personne de confiance ?
Avec moins de 50 travailleurs, non, sauf si tous les délégués syndicaux ou, en l'absence de délégation syndicale, tous les travailleurs le demandent. Un conseiller en prévention aspects psychosociaux d'un service externe vous est en revanche toujours nécessaire.
La personne de confiance peut-elle être externe ?
À partir de 50 travailleurs, au moins une personne de confiance doit faire partie de votre personnel. Si vous avez 20 à 49 travailleurs et que vous faites appel à un conseiller en prévention aspects psychosociaux externe, la personne de confiance que vous désignez doit aussi être interne. Sous les 20 travailleurs, une personne de confiance externe est possible.
Un supérieur peut-il être personne de confiance ?
Pas s'il fait partie du personnel de direction chargé de la gestion journalière. Les délégués de l'employeur et des travailleurs au conseil d'entreprise ou au CPPT, les délégués syndicaux et le médecin du travail sont également exclus.
Quelle formation la personne de confiance suit-elle ?
Une formation d'au moins cinq jours, dans les deux ans qui suivent la désignation. Ensuite, au moins une supervision par an.
Et si un travailleur veut déposer une plainte formelle ?
Le travailleur introduit alors une demande d'intervention psychosociale formelle auprès du conseiller en prévention aspects psychosociaux. La personne de confiance ne peut intervenir que de manière informelle.
Les informations contenues dans cet article sont purement informatives et ne remplacent pas un conseil juridique professionnel. La législation du travail évolue régulièrement. Consultez toujours la législation en vigueur ou contactez un expert RH pour un conseil adapté à votre situation.